Le courrier est arrivé, le mot « refus » est dessus, et le compromis de vente, lui, continue de courir. Si vous êtes sur cette page, vous êtes probablement à ce moment précis : l’assureur vient de dire non, la banque attend, et personne ne vous a expliqué la suite. Alors disons-le d’entrée : un refus d’assurance n’est jamais la décision du marché tout entier. C’est la réponse d’une compagnie, à un moment donné, selon sa propre grille. D’autres compagnies tarifent le même profil autrement, un dispositif public existe précisément pour les situations de santé difficiles, et la loi a supprimé le questionnaire médical sur une grande partie des prêts. Ce guide rassemble, dans l’ordre, toutes les portes qui restent ouvertes, chacune vérifiée aux textes officiels cités en bas de page : vous n’aurez pas besoin de dix onglets.
En bref
- Un refus n’engage que l’assureur qui l’a prononcé : chaque compagnie applique ses propres grilles, et il n’existe aucun fichier commun des refus. Refaire tarifer ailleurs est le premier réflexe.
- Si le refus est lié à la santé, la convention AERAS organise un examen en trois niveaux, automatique, pour les crédits jusqu’à 420 000 € se terminant avant vos 71 ans.
- Sous 200 000 € assurés par personne, avec un prêt remboursé avant vos 60 ans, l’assureur n’a droit à aucune question de santé : c’est la loi Lemoine.
- Entre le refus sec et le tarif normal, il existe des réponses intermédiaires : surprime, exclusion d’une garantie, quotités ajustées. Elles se comparent, se négocient et se remplacent plus tard.
- Même sans assurance, la banque peut accepter une garantie alternative : assurance-vie nantie, portefeuille de titres en gage, hypothèque sur un autre bien.
Votre refus est récent ?
Ne restez pas seul avec le courrier. Les profils refusés ailleurs sont précisément notre spécialité : réservez une visio avec notre expert en assurance, spécialiste des dossiers de santé, il lit votre courrier de refus avec vous, identifie ce qui a bloqué et vous dit, concrètement, par où passer. Gratuit, sans engagement, en ligne. Et si vous préférez d’abord explorer seul, la simulation d’assurance reste ouverte.
D’abord, lire ce que dit vraiment le courrier
Quand un assureur étudie votre questionnaire de santé ou vos déclarations de métier et de sport, sa réponse prend l’une de quatre formes : le tarif normal, la surprime (dossier accepté, cotisation majorée), l’exclusion (le contrat vous couvre, sauf pour un risque précis), et le refus. Le mot « refus » sur un courrier recouvre donc des situations très différentes, et la première chose à faire est de comprendre laquelle est la vôtre. Le refus porte-t-il sur tout le contrat, ou seulement sur une garantie, l’arrêt de travail par exemple, le décès restant assurable ? Un refus partiel se contourne beaucoup plus facilement qu’un refus total.
Si votre situation relève de la convention AERAS, le courrier de refus doit aussi mentionner le niveau d’examen auquel la décision est intervenue, et vous avez le droit d’écrire au médecin de l’assureur pour connaître les raisons médicales du refus. Cette information est précieuse : elle dit sur quoi la compagnie a buté, donc ce qu’il faut documenter ou faire tarifer autrement pour la suite.
Réflexe n° 1 : un refus n’est l’avis que d’une seule compagnie
C’est le point que nous relevons le plus souvent chez les emprunteurs qui nous consultent après un refus : ils pensent que la décision vaut pour tout le marché. Or aucun texte n’impose une grille commune. Chaque assureur construit ses propres barèmes, choisit les profils qu’il sait évaluer et ceux qu’il préfère écarter, et ces grilles ne sont pas publiques. Un métier que le contrat de votre banque refuse d’office peut être le quotidien d’une compagnie spécialisée ; une pathologie stabilisée que l’un surprime à 100 % peut être acceptée au tarif normal par un autre, questionnaire détaillé à l’appui. Et un refus ne vous suit pas : il n’existe pas de fichier partagé entre assureurs qui enregistrerait les refus, chaque nouvelle demande repart de zéro.
Concrètement, cela veut dire faire tarifer le même dossier, avec les mêmes déclarations exactes, auprès de plusieurs compagnies. C’est ce que nous faisons avec les 120 assurances que nous comparons : le travail consiste à savoir laquelle regarde votre profil au bon endroit. Et la banque ne peut pas s’y opposer : dès lors que le contrat externe présente un niveau de garantie équivalent au sien, elle est tenue de l’accepter, et tout refus de sa part doit être écrit et intégralement motivé. Le mécanisme complet est décrit dans notre guide de la délégation d’assurance.
Réflexe n° 2 : si la santé est en cause, le parcours AERAS s’applique
Pour les situations de santé difficiles, un dispositif public existe : la convention AERAS, s’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé, signée par l’État, les banques, les assureurs et les associations de patients. Vous en bénéficiez de plein droit, sans démarche particulière, dès lors que le crédit à assurer ne dépasse pas 420 000 € et que le contrat se termine avant votre 71e anniversaire.
Son principe : votre demande est examinée en trois niveaux successifs, et le passage de l’un à l’autre est automatique. Si la grille standard de l’assureur ne peut pas vous accepter, le dossier monte à un service médical spécialisé ; s’il bute encore, il est transmis à un pool d’assureurs dédié aux risques très aggravés. Une proposition obtenue par ce parcours reste valable quatre mois, ce qui laisse le temps de finaliser le projet immobilier. Le dispositif prévoit aussi un plafonnement des surprimes pour les revenus modestes. Nous avons détaillé chaque étape, les délais et les pièces à préparer dans notre guide du parcours AERAS en pratique.
Et si votre refus est lié à un cancer ou à une hépatite C anciens, vérifiez le calendrier : cinq ans après la fin du protocole thérapeutique, sans rechute, vous n’avez plus rien à déclarer du tout. Ni surprime, ni exclusion, ni même une question. C’est le droit à l’oubli, et nous constatons qu’il est encore trop peu invoqué par les emprunteurs qui y ont droit.
Réflexe n° 3 : passer là où le questionnaire n’existe plus
Depuis la loi Lemoine, l’assureur n’a droit à aucune question de santé, ni questionnaire ni examen médical, lorsque deux conditions sont réunies : la part assurée ne dépasse pas 200 000 € par personne, tous crédits confondus, et le prêt est intégralement remboursé avant votre 60e anniversaire. Dans ce périmètre, un refus pour raison de santé n’a tout simplement plus de support : l’assureur ne peut pas refuser sur une information qu’il n’a pas le droit de demander.
Ce seuil de 200 000 € s’apprécie par personne assurée, et c’est là qu’un dossier se travaille. Pour un couple qui emprunte 360 000 €, une répartition à 50/50 place chaque assuré à 180 000 €, sous le seuil ; une répartition à 100 % sur une seule tête le dépasse. Le choix des quotités n’est donc pas qu’une question de protection familiale : il peut décider de l’accès même à l’assurance pour un emprunteur dont la santé rend le questionnaire difficile. C’est un arbitrage à faire en connaissance de cause, la couverture restant la priorité.
Réflexe n° 4 : une proposition imparfaite se négocie, un refus sec se contourne
Entre le refus total et le tarif normal, le marché connaît toute une gamme de réponses intermédiaires, et il est souvent plus efficace d’en accepter une, temporairement, que de s’obstiner à chercher le contrat parfait. Une surprime se compare : la même majoration de 100 % ne représente pas le même montant selon le tarif de base de la compagnie. Une exclusion se pèse : être couvert partout sauf sur une pathologie précise vaut mieux que ne pas être couvert du tout, et certains contrats permettent de racheter l’exclusion plus tard. Et surtout, rien n’est définitif : la loi Lemoine permet de changer d’assurance à tout moment et sans frais. Une santé qui se stabilise, un traitement terminé, un métier qui change : le contrat accepté aujourd’hui avec une surprime se remplace demain par un contrat au tarif normal.
Reste le cas du refus qui persiste à tous les niveaux. Même alors, le prêt n’est pas nécessairement perdu : la banque peut accepter une garantie alternative à l’assurance. Les plus courantes : le nantissement d’une assurance-vie déjà constituée, la mise en gage d’un portefeuille de titres, ou une hypothèque sur un autre bien immobilier. Dans le cadre AERAS, la banque s’est engagée à examiner ces alternatives, et un refus de prêt fondé sur la seule question de l’assurance doit vous être motivé par écrit. Enfin, une commission de médiation peut être saisie gratuitement si vous estimez que la convention n’a pas été appliquée à votre dossier.
Les situations que nous voyons le plus souvent
Les refus que nous aidons à retourner se concentrent sur quelques familles de situations : les pathologies chroniques stabilisées, diabète ou hypertension en tête ; les antécédents lourds, cancer, infarctus ou AVC, où tout se joue sur le recul et le dossier médical ; les infections chroniques traitées, VIH en tête, que la grille de référence admet sans surprime ni exclusion sous conditions ; les arrêts de travail en cours au moment de la demande ; les métiers que les grilles standard écartent, port d’arme, travail en hauteur, déplacements en zones sensibles ; et les profils que les questionnaires saisissent mal, surpoids, apnée du sommeil, suivi psychologique. Chacune de ces situations a ses codes, ses pièces à préparer et ses compagnies qui savent la lire ; nous leur consacrons des guides dédiés, publiés au fil des semaines sur ce site.
Deux dossiers récents, racontés tels quels
Un emprunteur de 39 ans, trois mois après un infarctus. Le contrat de sa banque a dit non, et le dossier a été refusé aux trois niveaux du parcours AERAS. En représentant les mêmes déclarations compagnie par compagnie, une seule des assurances que nous interrogeons a accepté : couverture du décès et de la perte totale et irréversible d’autonomie, avec une surprime de 200 %. Un accord existait donc, trois mois seulement après l’accident cardiaque : encore fallait-il savoir à quelle porte frapper.
Une emprunteuse dont le dossier cumulait apnée du sommeil et hypertension. Refus du contrat de la banque. Avant de nous consulter, elle avait cherché seule : au mieux, un accord limité au décès et à la PTIA, avec une surprime de 200 %, alors que sa banque exigeait aussi l’incapacité de travail et l’invalidité. Nous avons représenté le même dossier ailleurs : accord sur l’ensemble des garanties, décès, PTIA, ITT et IPT, sans surprime ni exclusion. Même profil, mêmes déclarations : deux lectures du risque sans aucun rapport.
Ces deux dossiers sont réels, récents et anonymisés. Ils illustrent des issues obtenues, pas une promesse : chaque situation reçoit sa propre réponse.
Ce qu’on fait pour vous
Après un refus, le temps compte : les échéances d’un compromis de vente n’attendent pas, et l’étude d’un profil sensible peut prendre plusieurs semaines. Notre travail consiste à lire précisément votre courrier de refus, à identifier ce qui a bloqué, puis à présenter votre dossier aux compagnies dont les grilles savent l’évaluer, parmi les 120 assurances que nous comparons. Nous montons le dossier AERAS quand il s’applique, nous vérifions si le périmètre sans questionnaire de la loi Lemoine peut jouer, et nous gérons la substitution auprès de votre banque. Le plus simple : réservez une visio avec notre expert en assurance, spécialiste des dossiers de santé, vous en sortez avec un plan d’action précis pour votre dossier. Gratuit, sans engagement. Et pour explorer d’abord par vous-même, la simulation d’assurance emprunteur reste à votre disposition.
Mis à jour le 21 août 2026. Article d’information générale, ne constituant pas un conseil personnalisé ; les règles citées sont celles en vigueur à la date de mise à jour.
Sources
Les règles citées dans cet article viennent des textes officiels listés ci-dessous, que vous pouvez ouvrir pour vérifier chaque information par vous-même.
- Article L1141-2 du code de la santé publique (Légifrance) : la convention AERAS, ses signataires, le bénéfice de plein droit et l’examen de garanties alternatives par la banque.
- Article L1141-5 du code de la santé publique (Légifrance) : le droit à l’oubli, cinq ans après la fin du protocole thérapeutique, sans surprime ni exclusion.
- Article L113-2-1 du code des assurances (Légifrance) : aucune information de santé si la part assurée ne dépasse pas 200 000 € par personne et si le prêt se termine avant le 60e anniversaire.
- Article L313-30 du code de la consommation (Légifrance) : le droit de présenter un contrat à niveau de garantie équivalent, et l’obligation de motiver intégralement tout refus.
- La convention AERAS sur service-public.gouv.fr : les trois niveaux d’examen, le plafond de 420 000 €, la limite de 71 ans, la proposition valable quatre mois, les garanties alternatives et la commission de médiation.
- L’assurance emprunteur sur service-public.gouv.fr : le libre choix de l’assureur, la substitution à tout moment, le délai de réponse de la banque et la motivation écrite des refus.
- Site officiel de la convention AERAS, page « Les prêts concernés » : le transfert automatique entre niveaux, la mention du niveau d’examen dans le courrier de refus et le droit d’écrire au médecin de l’assureur.
Ces règles évoluent : les fiches service-public et la page AERAS ci-dessus ont été relues le 21 août 2026 ; les articles de codes sur Légifrance ont été vérifiés le 11 août 2026, le site bloquant depuis la lecture automatisée.