L’IPT, invalidité permanente totale, est la garantie de votre assurance de prêt qui prend le crédit en charge quand une maladie ou un accident vous laisse une invalidité définitive d’au moins 66 % : l’assureur règle alors vos mensualités à votre place, ou solde le capital selon les contrats. Voici tout ce qu’il faut savoir, relevé sur les contrats récents du marché : quand la garantie joue, comment ce taux se calcule, ce que l’assureur verse, et jusqu’à quand vous êtes protégé.
En bref
- L’IPT joue quand votre état de santé est stabilisé (les contrats disent « consolidé ») et que votre taux d’invalidité atteint au moins 66 %, mesuré selon le barème du contrat.
- Ce taux croise deux mesures : l’atteinte de votre corps, et son retentissement sur votre métier. Une même blessure peut donc ouvrir la garantie pour un métier et pas pour un autre.
- Les contrats les plus protecteurs apprécient votre profession telle que vous l’exerciez au jour du sinistre, sans supposer une reconversion : la ligne à comparer entre deux offres.
- L’assureur verse le plus souvent une rente égale à vos mensualités, multipliées par la quotité, la part du prêt assurée sur votre tête : 1 129 € par mois sur notre prêt type assuré à 100 %.
- La garantie court jusqu’à 65, 67 ou 71 ans selon l’option choisie à l’adhésion, et s’arrête en général au départ en retraite.
Quand la garantie joue-t-elle ? Un état stabilisé et un taux d’au moins 66 %
L’IPT couvre l’invalidité définitive : celle qui reste quand la médecine a fait tout ce qu’elle pouvait. Pour savoir exactement quand elle se déclenche, le mieux est de lire une définition complète, reconstituée d’après les contrats du marché, que la plupart écrivent à quelques mots près :
Est en invalidité permanente totale l’assuré qui, après consolidation de son état de santé à la suite d’une maladie ou d’un accident, est reconnu par expertise médicale atteint d’un taux d’invalidité supérieur ou égal à 66 %, apprécié en croisant son incapacité fonctionnelle, mesurée en dehors de toute considération professionnelle, et son incapacité professionnelle, appréciée d’après les répercussions de l’invalidité sur la profession exercée au jour du sinistre.
Deux mots portent toute la définition. Le premier est la « consolidation » : votre état est consolidé quand il est stabilisé, quand les traitements ne le feront plus évoluer. Entre l’accident ou le diagnostic et cette stabilisation, vous êtes en arrêt de travail, couvert par une autre garantie qui règle vos mensualités pendant cette période : l’ITT, l’incapacité temporaire de travail, que détaille notre article sur la garantie ITT. Au jour de la consolidation, l’ITT passe le relais : si l’invalidité qui demeure atteint le seuil, l’IPT prend la suite, sans trou de couverture ; c’est pour cela que les contrats vendent les deux ensemble.
Le second mot est le taux : 66 %, le seuil que l’ANIL confirme comme la référence générale du marché. Ce chiffre ne sort pas d’un classement de la Sécurité sociale : il résulte d’un calcul propre à l’assurance de prêt, mené par le médecin expert de l’assureur, et c’est ce calcul qu’il faut comprendre pour savoir ce que vous avez vraiment.
Comment le taux de 66 % se calcule-t-il ? Deux mesures croisées
Les contrats du marché mesurent l’invalidité en croisant deux taux, chacun établi de 0 à 100 %. Le premier est le taux d’incapacité fonctionnelle : ce que la maladie ou l’accident a enlevé à votre corps ou à votre esprit, mesuré d’après un barème médical de référence, en dehors de toute considération de métier. Le second est le taux d’incapacité professionnelle : le retentissement concret de cette atteinte sur votre profession, apprécié par le médecin expert. Les deux taux se combinent ensuite dans un tableau à double entrée, annexé au contrat, qui donne le taux d’invalidité final.
Ce croisement est une bonne nouvelle : il fait compter votre métier, pas seulement votre corps. Nous relevons par exemple, sur le tableau croisé des contrats du marché, qu’une atteinte fonctionnelle de 60 % dont le retentissement professionnel est évalué à 90 % donne un taux final d’environ 69 % : la garantie IPT joue. La même atteinte avec un retentissement professionnel de 30 %, parce que le métier reste largement exerçable, donne environ 48 % : au-dessous du seuil de l’IPT, mais dans la zone d’une autre garantie, l’invalidité permanente partielle, dont nous parlons plus bas. Une même blessure à la main n’a pas les mêmes conséquences pour un chirurgien et pour un consultant : le barème croisé est fait pour traduire cette différence.
Et si vous n’exercez pas d’activité professionnelle au jour du sinistre ? Les contrats du marché ont prévu le cas : le taux est alors établi sur la seule incapacité fonctionnelle. La garantie ne vous est donc pas fermée parce que vous êtes parent au foyer ou entre deux emplois : elle se mesure simplement autrement.
Quelle profession sert de référence ? La ligne à comparer
Puisque le taux dépend du retentissement sur votre métier, tout se joue sur la question : quel métier, exactement ? Les contrats les plus protecteurs du marché répondent : la profession que vous exerciez au jour du sinistre, en faisant abstraction des possibilités de reclassement dans une profession différente. Autrement dit, l’expert évalue ce que l’invalidité enlève au métier qui était le vôtre, sans vous opposer qu’un autre métier resterait théoriquement accessible. Pour reprendre notre chirurgien : avec cette rédaction, personne ne lui répondra qu’il pourrait enseigner.
Nous relevons aussi, sur d’autres contrats, des rédactions qui tiennent compte des possibilités d’exercice restantes de la profession, une nuance qui peut peser lors de l’expertise. C’est exactement le genre de ligne qui différencie deux contrats affichant tous les deux « IPT : incluse », et une des clauses que nous lisons en priorité quand nous comparons des offres : la simulation d’assurance emprunteur vous montre en quelques minutes les contrats qui se positionnent sur votre profil.
Que verse l’assureur, et à qui ?
La forme la plus répandue est la rente : l’assureur règle à la banque, mois après mois, les échéances de votre tableau de remboursement, multipliées par la quotité, c’est-à-dire la part du prêt assurée sur votre tête. Assuré à 100 %, l’intégralité de la mensualité est prise en charge ; à 50 %, la moitié. Le crédit continue de s’amortir, la maison reste à vous, et le versement dure tant que dure l’invalidité, dans les limites détaillées plus bas. Certains contrats proposent aussi, au choix fait à l’adhésion, un versement en capital : l’assureur solde en une fois le capital restant dû au prorata de la quotité, au jour de la reconnaissance de l’invalidité, et l’assurance s’arrête là pour cette part du prêt.
Un exemple chiffré
- Prêt de 200 000 € sur 20 ans à 3,20 %, mensualité de 1 129 € hors assurance. IPT reconnue huit ans après la signature.
- En rente, assuré à 100 % : l’assureur règle 1 129 € chaque mois à la banque tant que l’invalidité dure ; jusqu’au terme du prêt, cela représente environ 162 600 € sur les 144 mensualités restantes, intérêts compris.
- En rente, quotité de 50 % : environ 565 € par mois pris en charge, l’autre moitié reste due.
- En capital, assuré à 100 % : environ 134 900 € versés en une fois à la banque ; à 50 %, environ 67 400 €.
Un point de lecture utile : la rente suit les échéances réellement dues, capital et intérêts compris, quand le capital solde la dette du jour. Nous relevons aussi, sur certains contrats, un plafond de rente mensuelle par assuré, tous prêts confondus : une ligne à vérifier si vos mensualités cumulées sont élevées.
Jusqu’à quand êtes-vous couvert ?
La rente n’est pas acquise une fois pour toutes : le taux d’invalidité reste réévaluable. Si votre état s’améliore et que le taux repasse au-dessous de 66 %, les versements au titre de l’IPT s’arrêtent ; selon les garanties souscrites, l’étage inférieur, l’invalidité permanente partielle, peut alors prendre le relais. Les contrats prévoient aussi un terme lié à la vie professionnelle : les versements cessent en général quand vous faites valoir vos droits à la retraite, sauf retraite prise pour raisons médicales, et, si vous poursuivez une activité, au plus tard à un anniversaire fixé à l’adhésion.
Cet anniversaire est une option que vous choisissez en signant : 65, 67 ou 71 ans selon les contrats, certains ne proposant que 65 ou 67 ans. Elle vaut pour le trio incapacité et invalidité, et mérite cinq minutes de réflexion : si votre prêt court jusqu’à vos 70 ans, une option à 67 ans laisse les dernières années du crédit sans cette protection, alors que la garantie décès, elle, court bien plus tard. Enfin, la garantie exige que la consolidation intervienne avant cet âge limite : c’est la date de stabilisation de votre état qui compte, pas celle de l’accident.
IPT, PTIA, IPP : trois étages, trois garanties
L’IPT occupe l’étage intermédiaire d’une échelle à trois niveaux, et chaque étage a sa garantie. Au sommet, la PTIA, perte totale et irréversible d’autonomie : aucun travail possible, quel qu’il soit, et la dépendance à une tierce personne pour les actes de la vie quotidienne ; en contrepartie de cette sévérité, elle solde le capital d’un coup, comme un décès, ainsi que l’explique notre article sur la garantie PTIA. L’IPT, elle, se déclenche bien avant ce stade : dès 66 % d’invalidité, appréciée par rapport à votre métier, sans condition de dépendance. L’accident qui vous enlève votre profession sans vous enlever votre autonomie relève donc de l’IPT, pas de la PTIA.
Au-dessous, l’IPP, invalidité permanente partielle, couvre l’étage de 33 % à 66 % : le même barème croisé, un seuil plus bas, et une prise en charge proportionnelle. Elle complète utilement l’IPT pour les invalidités réelles mais moyennes, les plus fréquentes : notre article sur la garantie IPP détaille son calcul. Avec la garantie décès et la PTIA en socle, puis l’ITT, l’IPT et l’IPP en étages, vous avez la photographie complète d’un contrat : chaque garantie prend sa tranche du risque.
Vos questions
Peut-on souscrire l’IPT seule ?
Non : les contrats du marché la proposent en complément du socle décès et PTIA, et le plus souvent en tandem avec l’ITT, au moment de l’adhésion. La logique est celle de la chaîne décrite plus haut : l’ITT couvre l’avant-consolidation, l’IPT l’après, et l’IPP s’ajoute à son tour en complément de l’IPT. Pour un achat de résidence principale, la banque demande d’ailleurs presque toujours l’ensemble ; le poids de chaque garantie dans la cotisation est détaillé dans notre article sur le coût de l’assurance de prêt.
Quelles exclusions faut-il regarder ?
Chaque assureur écrit les siennes, et l’ANIL rappelle qu’elles doivent être rédigées en termes clairs et précis. Sur les garanties d’incapacité et d’invalidité, nous relevons deux familles récurrentes. D’abord les affections du dos et les affections psychiques (hernie discale, lombalgie, dépression, burn-out), souvent couvertes seulement en cas d’hospitalisation de plusieurs jours ou d’intervention chirurgicale : la plupart des contrats proposent une option de renfort qui les couvre sans cette condition, un vrai critère de choix. Ensuite les pratiques sportives à risque : montagne hors des pistes ou au-delà de 3 000 mètres, plongée profonde, engins à moteur ; là aussi, une couverture sur demande existe selon les contrats, parfois avec surprime, un supplément de cotisation. Le bon réflexe : tout dire dès la demande, et faire couvrir ce qui doit l’être.
La Sécurité sociale m’a reconnu invalide : la garantie joue-t-elle automatiquement ?
Pas automatiquement : les contrats du marché écrivent que les décisions de la Sécurité sociale ou des autres organismes ne s’imposent pas à l’assureur. Une invalidité de 2e catégorie est un signal fort, mais c’est l’expertise médicale du contrat, avec son barème croisé, qui décide de la prise en charge. Gardez donc les deux logiques en tête : la reconnaissance publique pour vos droits sociaux, l’expertise du contrat pour votre prêt, avec les pièces demandées dans les délais du contrat.
Puis-je améliorer cette garantie en changeant de contrat ?
Oui, à tout moment et sans frais depuis la loi Lemoine, dès lors que le nouveau contrat présente un niveau de garantie au moins équivalent aux exigences de votre banque, qui doit motiver tout refus. Une profession appréciée au jour du sinistre sans supposer de reclassement, une option d’âge à 71 ans plutôt que 65, un renfort dos et psychisme : ce sont exactement les écarts qu’une mise en concurrence révèle. La démarche est décrite dans nos guides pour changer d’assurance avec la loi Lemoine et sur la délégation d’assurance.
Ce qu’on fait pour vous
Vérifier le seuil et le barème, lire la ligne de la profession de référence, repérer l’option d’âge et les renforts utiles à votre métier et à vos sports : c’est le travail que nous faisons sur chaque dossier, contrat en main, avant de recommander quoi que ce soit, et l’étude est gratuite. Commencez par le chiffre : la simulation d’assurance emprunteur compare en quelques minutes, avec vos données, des contrats à garanties au moins équivalentes, et vous montre l’économie possible sur votre prêt.
Mis à jour le 13 août 2026. Article d’information générale, ne constituant pas un conseil personnalisé. Les pratiques décrites (définition type, barème croisé, modes de versement, options d’âge, exclusions) sont relevées sur des contrats récents du marché, à l’été 2026 : chaque contrat fixe sa propre définition de l’IPT, son barème, ses limites et ses exclusions, et seul le document remis avant la signature fait foi pour votre situation. Hypothèses de calcul : prêt de 200 000 € sur 20 ans à 3,20 % (moyenne des barèmes bancaires de juillet 2026), mensualité de 1 129 € hors assurance, montants arrondis.
Sources
Les définitions générales viennent des sources publiques ci-dessous, que vous pouvez ouvrir pour vérifier par vous-même. Les pratiques décrites sont relevées sur des contrats récents du marché ; votre propre contrat reste le seul document qui fasse foi.
- Les garanties d’assurance emprunteur (ANIL) : ce qu’il prouve : la définition générale de l’IPT (inaptitude définitive à exercer son activité), le seuil « généralement supérieur ou égal à 66 % », et l’exigence de clauses d’exclusion claires et précises.
- L’assurance emprunteur sur service-public.gouv.fr : ce qu’il prouve : le socle décès et PTIA exigé par les prêteurs, les garanties d’invalidité demandées en complément.
- Loi n° 2022-270 du 28 février 2022 (loi Lemoine) : ce qu’elle prouve : le changement d’assurance possible à tout moment.
- Article L313-30 du code de la consommation : ce qu’il prouve : l’équivalence du niveau de garantie et l’obligation de motiver tout refus.
Sources publiques ouvertes et vérifiées (ANIL et service-public relues le 11 août 2026, textes de loi le 7 août 2026) ; pratiques relevées sur des contrats du marché le 13 août 2026.