Le résultat de votre simulation : comment le lire
Une simulation d’assurance emprunteur renvoie deux chiffres : une cotisation par mois, et un coût total sur la durée du prêt. C’est le second qui compte. Quelques dizaines d’euros par mois paraissent anodins ; multipliés par 240 ou 300 mensualités, ils se chiffrent en milliers d’euros. C’est cette somme qu’il faut mettre en face du contrat que votre banque vous propose, ou vous facture déjà.
Une précision d’honnêteté : le tarif affiché par un simulateur d’assurance de prêt est indicatif. Il repose sur votre âge, le montant emprunté et la durée. Le tarif définitif dépendra aussi de votre déclaration de santé, de votre profession et des sports que vous pratiquez. L’ordre de grandeur est fiable ; le montant à l’euro près ne l’est qu’après étude de votre dossier.
Ce qui fait le prix d’une assurance de prêt
L’assurance emprunteur rembourse votre crédit si vous décédez, si vous perdez votre autonomie ou si vous ne pouvez plus travailler. Son prix s’exprime en pourcentage du capital, appliqué chaque année. Quatre facteurs pèsent plus que les autres :
- votre âge à la souscription : c’est le facteur numéro un ;
- votre état de santé et votre statut de fumeur, déclarés à la souscription ;
- votre profession et vos loisirs, s’ils sont jugés risqués ;
- le capital, la durée et les garanties choisies.
Pour comparer deux contrats sans se faire piéger par des modes de calcul différents, un indicateur existe : le TAEA, le taux annuel effectif de l’assurance, mention obligatoire sur toute proposition. Il ramène le coût de l’assurance à un taux unique, calculé sur la même base pour tous. Deux TAEA se comparent directement ; deux cotisations mensuelles, pas toujours.
Pourquoi l’écart avec le contrat de la banque est aussi grand
Dans l’offre de prêt, la banque glisse presque toujours son propre contrat, dit contrat de groupe. Ces contrats représentent encore environ 82,5 % du marché : d’après l’avis du CCSF, le Comité consultatif du secteur financier, rendu public le 24 juin 2026, les contrats alternatifs souscrits hors de la banque n’en captaient que 17,48 % en 2024, contre 16 % en 2021. Le marché est pourtant considérable : plus de 22 millions de contrats couvrant des crédits immobiliers en 2024, pour près de 7 milliards d’euros de cotisations. Leur principe : un tarif mutualisé, le même pour tous les clients d’une tranche d’âge. Une assurance individuelle est tarifée sur votre situation précise : si votre profil est bon, vous payez votre risque réel, pas la moyenne du groupe.
La deuxième explication est rarement donnée. Un contrat de groupe calcule le plus souvent la cotisation sur le capital emprunté au départ : vous payez la même somme le premier mois et le dernier, alors qu’il ne reste presque plus rien à rembourser. Une assurance individuelle se calcule le plus souvent sur le capital restant dû : la cotisation diminue chaque année, au rythme de vos remboursements. À taux identique, ce second mode de calcul coûte nettement moins cher sur la durée.
Voici les ordres de grandeur constatés sur le marché, en pourcentage du capital, selon l’âge à la souscription :
| Âge à la souscription | Contrat de groupe de la banque | Assurance individuelle |
|---|---|---|
| 25 à 35 ans | 0,25 à 0,40 % | 0,08 à 0,15 % |
| 35 à 45 ans | 0,35 à 0,55 % | 0,15 à 0,30 % |
| 45 à 55 ans | 0,55 à 0,80 % | 0,30 à 0,55 % |
| Plus de 55 ans | 0,80 à 1,20 % | 0,50 à 0,90 % |
Ce sont des fourchettes indicatives, pas un barème officiel : seul un devis établi sur votre profil fait foi. Si le taux de votre offre de prêt est dans la colonne de gauche alors que votre profil relève de celle de droite, le calcul du coût de votre assurance emprunteur mérite d’être refait.
Ce que ça représente en euros
Exemple sur un prêt courant
Prêt de 250 000 € sur 20 ans à 3,30 %, un seul emprunteur assuré à 100 %. Mensualité de crédit : 1 424,34 €. Intérêts sur la durée : 91 841 €.
→ Assurance de groupe à 0,34 % du capital emprunté : 70,83 € par mois, soit 17 000 € sur 20 ans.
→ Même couverture en assurance individuelle à 0,17 % du capital emprunté : 35,42 € par mois, soit 8 500 €. L’écart atteint 8 500 €.
→ Si cette assurance individuelle se calcule sur le capital restant dû : 4 731 € au total, soit 12 269 € d’écart.
Exemple illustratif : votre tarif réel dépend de votre profil.
Dans cet exemple, l’assurance de groupe représente 15,6 % du coût total du crédit. Pour un couple assuré à 100 % chacun, elle passe à 34 000 €, soit 27 % du coût total du crédit : plus d’un quart. Une simulation d’assurance emprunteur mérite donc autant d’attention qu’une négociation de taux. Pour situer le niveau actuel des taux de crédit, voyez notre point sur les taux immobiliers.
Sur un prêt plus long, l’effet s’amplifie. Pour 300 000 € sur 25 ans à 3,43 % (mensualité de 1 490,63 €, intérêts de 147 190 €), l’assurance de groupe à 0,34 % coûte 85 € par mois, soit 25 500 €. Une assurance individuelle à 0,17 % sur le capital restant dû revient à 7 295 € : un écart de 18 205 €.
L’âge change l’échelle, pas la logique. Pour 250 000 € empruntés sur 20 ans, voici le coût de l’assurance selon l’âge, calculé sur le capital emprunté :
| Âge | Contrat de groupe | Assurance individuelle | Écart |
|---|---|---|---|
| 25 à 35 ans | 16 000 € | 5 500 € | 10 500 € |
| 35 à 45 ans | 22 500 € | 11 000 € | 11 500 € |
| 45 à 55 ans | 33 500 € | 21 000 € | 12 500 € |
| Plus de 55 ans | 50 000 € | 35 000 € | 15 000 € |
Ce sont là encore des ordres de grandeur : seule une proposition personnalisée fait foi. Si votre projet n’est pas encore financé, cadrez d’abord le crédit lui-même avec notre simulateur de prêt immobilier : vous y fixerez le montant et la durée dont l’assurance a besoin.
Vous avez le droit de changer, à tout moment
Depuis la loi n° 2022-270 du 28 février 2022, dite loi Lemoine, vous pouvez résilier votre assurance emprunteur à tout moment, sans frais, dès la signature de l’offre de prêt. Pas de date anniversaire à guetter, pas de préavis, pas de pénalité, même si votre prêt a dix ans.
Et ce droit fonctionne. Selon le CCSF, les demandes de changement d’assurance sont passées de 198 530 en 2021 à 496 654 en 2024 : plus du double en trois ans. Près de 94 % des demandes de substitution sont acceptées. Changer n’est donc pas un parcours du combattant, c’est une démarche qui aboutit dans l’immense majorité des cas.
Ce droit est encadré. Une fois votre dossier complet transmis, la banque dispose de 10 jours ouvrés pour répondre. Elle ne peut refuser que pour une seule raison, la non-équivalence des garanties, et ce refus doit être motivé par écrit. Un silence ou un refus de principe n’a aucune valeur.
L’équivalence n’est pas laissée à l’appréciation de la banque. Le CCSF a fixé une liste de 18 critères ; chaque banque en retient 11 au maximum, plus 4 si elle exige la garantie perte d’emploi. Ces critères figurent sur la FSI, la fiche standardisée d’information remise avec l’offre de prêt. Si le contrat que vous présentez les coche, la banque doit l’accepter. La démarche pas à pas, courriers compris, est détaillée sur notre page consacrée au changement d’assurance emprunteur.
Questionnaire de santé : souvent, vous n’en avez plus
La loi Lemoine a aussi supprimé le questionnaire de santé quand deux conditions sont réunies : un encours assuré inférieur ou égal à 200 000 € par assuré, et un crédit qui se termine avant votre 60e anniversaire. Dans ce cas, personne ne peut vous interroger sur votre santé ni majorer votre tarif pour raison médicale. Pour un couple, la limite s’apprécie par personne.
Au-dessus de ces seuils, le droit à l’oubli peut jouer : pour les cancers et l’hépatite C, vous n’avez plus rien à déclarer 5 ans après la fin du protocole thérapeutique.
Ce qui change le 1er septembre 2026
Les nouveaux engagements des assureurs
À la suite de l’avis du CCSF sur l’assurance emprunteur, rendu public le 24 juin 2026 et pris en application de la loi Lemoine, de nouvelles règles s’appliquent à partir du 1er septembre 2026. Généralisation au 1er janvier 2027 pour la continuité de couverture, au 1er juin 2027 pour les autres mesures.
- Plus de trou de couverture en cas de changement. Le risque visé : un arrêt de travail qui survient pendant le changement d’assureur, avant la fin du délai de franchise du contrat d’origine. Pour un sinistre déclaré avant la substitution, l’assureur d’origine maintient sa couverture pour ce sinistre et ses suites immédiates, y compris l’invalidité qui en découle lorsqu’elle survient sans interruption de l’arrêt de travail initial, et cela même après la résiliation. En cas de rechute après la prise d’effet du nouveau contrat, c’est le nouvel assureur qui prend en charge.
- Le seuil de 200 000 € devient plus favorable. Il se calcule sur les seuls crédits immobiliers (acquisition, construction, travaux), sans compter les crédits à la consommation ni professionnels.
- Les seuils d’invalidité sont harmonisés. Les assureurs s’engagent sur des seuils de référence communs : 66 % pour l’invalidité permanente totale, 33 % pour l’invalidité permanente partielle. Chaque contrat devra aussi expliciter le barème de référence d’incapacité fonctionnelle utilisé, présenter le tableau de calcul du taux d’invalidité et donner un exemple concret pour que l’assuré comprenne comment ce taux se calcule.
- L’incapacité s’apprécie par rapport à votre métier, celui que vous exercez effectivement au moment du sinistre, et non par référence à n’importe quelle profession. Si vous avez changé de métier depuis la signature de votre prêt, c’est votre activité actuelle qui compte.
- La garantie décès couvre tous les types de décès, qu’ils résultent d’un accident ou d’une maladie, notamment un AVC (accident vasculaire cérébral), un infarctus, un malaise vagal ou une mort subite, sauf lorsque la garantie est explicitement limitée au décès accidentel.
- Les exclusions d’états de santé antérieurs sont jugées non conformes. Certains contrats souscrits sans questionnaire de santé excluaient les suites d’un état pathologique antérieur. Le CCSF considère que ces clauses, générales ou spécifiques, ne sont pas conformes à l’esprit et aux objectifs de la loi Lemoine : puisque la loi interdit de collecter des informations de santé dans ces cas, les appliquer reviendrait à vider la loi de son effet.
Comparer devient plus sûr, et changer moins risqué : deux contrats qui affichent les mêmes garanties voudront enfin dire la même chose.
La quotité : le réglage le plus lourd de conséquences
Quand vous empruntez à deux, chaque emprunteur est assuré pour une part du prêt : c’est la quotité. En 100/100, chacun est couvert sur la totalité : si l’un décède, l’assurance solde tout le prêt, le survivant n’a plus rien à payer. En 50/50, chacun n’est couvert que pour moitié : au décès de l’un, l’assurance rembourse la moitié du capital, et le survivant paie le reste, seul, avec un seul revenu. Le 70/30 suit la même logique, répartie selon les revenus de chacun.
C’est le paramètre le moins bien compris d’une simulation, et celui dont les conséquences sont les plus lourdes. Une quotité réduite fait baisser la cotisation, donc embellit le devis. Mais la vraie question est ailleurs : si mon conjoint disparaît ou ne peut plus travailler, puis-je payer ce qui reste avec mon seul revenu ? Si la réponse est non, la quotité qui vous protège se rapproche du 100/100, et l’écart de cotisation est le prix de cette protection.
Les garanties, traduites en clair
Cinq garanties structurent votre couverture :
- Décès : le capital restant dû est remboursé, à hauteur de la quotité assurée.
- PTIA, perte totale et irréversible d’autonomie : vous ne pouvez définitivement plus travailler et avez besoin d’une tierce personne au quotidien ; le capital est remboursé comme en cas de décès.
- ITT, incapacité temporaire totale de travail : un arrêt de travail complet mais provisoire ; l’assurance prend en charge vos mensualités pendant l’arrêt.
- IPT, invalidité permanente totale : une invalidité durable à partir de 66 %.
- IPP, invalidité permanente partielle : une invalidité durable entre 33 % et 66 %, qui déclenche une prise en charge partielle.
Un détail de contrat change tout en cas d’arrêt de travail : le mode d’indemnisation. En forfaitaire, l’assureur paie la mensualité prévue au contrat. En indemnitaire, il ne compense que votre perte de revenus réelle : si votre employeur ou votre prévoyance maintient une partie de votre salaire, il déduit d’autant, et peut ne presque rien verser. À cotisation égale, un contrat forfaitaire protège mieux. Cherchez cette ligne dans les conditions générales avant de signer.
Exclusions et délais : où se cache la mauvaise surprise
Une assurance nettement moins chère impose un réflexe : lire ce qu’elle ne couvre pas. Les exclusions listent les situations où l’assureur ne paie pas : certains sports, certains métiers, parfois les affections du dos ou les troubles psychologiques sans hospitalisation. Le délai de carence est la période, en début de contrat, pendant laquelle certaines garanties ne jouent pas encore ; la franchise, le nombre de jours d’arrêt de travail à votre charge avant que l’indemnisation ne démarre.
C’est exactement le rôle de la grille d’équivalence : les critères de la FSI portent sur ces points-là. Un contrat qui les respecte n’est pas une couverture au rabais, quel que soit son prix. À l’inverse, si un devis très bas s’explique par une garantie indemnitaire, des exclusions larges ou une franchise longue, l’économie affichée peut se payer le jour où vous en avez besoin. Comparez le TAEA, le mode d’indemnisation, les exclusions et les franchises : jamais le prix seul.
De la simulation à la signature
Le chiffre obtenu plus haut est votre point de départ. La suite tient en trois étapes. La déclaration d’abord (santé si elle est encore exigée à votre niveau d’emprunt, profession, sports) : elle transforme le tarif indicatif en tarif définitif. La vérification d’équivalence ensuite : reprenez la FSI et contrôlez que le nouveau contrat coche les critères de votre banque. La substitution enfin : la banque a 10 jours ouvrés pour accepter ou refuser par écrit, et vous ne résiliez l’ancien contrat qu’une fois l’accord obtenu. À aucun moment vous n’êtes sans couverture.
Prêt déjà en cours ? Plus il reste d’années à courir, plus le changement rapporte. Dossier en cours de montage ? Rien ne vous oblige à accepter le contrat de groupe pour obtenir votre prêt, et la loi vous permet de toute façon d’en changer dès le lendemain de la signature. Dans les deux cas, le comparateur en haut de cette page vous donne l’ordre de grandeur ; la proposition personnalisée fait le reste.
Questions fréquentes
Peut-on changer d’assurance emprunteur à tout moment ?+
La banque peut-elle refuser mon changement d’assurance ?+
Une simulation d’assurance emprunteur engage-t-elle à quelque chose ?+
Pourquoi l’assurance de la banque est-elle plus chère qu’une assurance individuelle ?+
Faut-il remplir un questionnaire de santé pour changer d’assurance ?+
Quelle quotité choisir quand on emprunte à deux ?+
Qu’est-ce qui change au 1er septembre 2026 pour l’assurance emprunteur ?+
Sources
Les chiffres de cet article viennent des textes officiels listés ci-dessous, que vous pouvez ouvrir pour vérifier chaque information par vous-même.
- Loi Lemoine du 28 février 2022 (Légifrance) : assurance de prêt résiliable à tout moment, questionnaire de santé supprimé sous conditions.
- Le questionnaire de santé expliqué sur economie.gouv.fr : les deux seuils exacts : 200 000 € par personne assurée, prêt remboursé avant 60 ans.
- Avis du Comité consultatif du secteur financier (CCSF) sur l’assurance emprunteur (Banque de France) : les engagements des banques et des assureurs applicables au 1er septembre 2026.
- Site du Comité consultatif du secteur financier (CCSF) : le texte intégral de l’avis sur l’assurance emprunteur y est publié.
Ces barèmes évoluent, certains chaque trimestre : toutes les sources ci-dessus ont été vérifiées le 7 août 2026.