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Crédit immobilier senior : votre capacité d’emprunt à la retraite

Portrait d'Arnaud Roux, expert en financement Arnaud Roux, expert en financement Mis à jour le 18 septembre 2026 · 18 min de lecture

À la retraite, ou bientôt, vous voulez savoir si une banque vous prêtera, combien, et sur quelle durée. Avec 2 800 € de pension, la mensualité admise est de 980 € : de 79 000 € sur 8 ans à 130 000 € sur 15 ans, aux taux de juillet 2026 et avec une assurance à 0,65 %. Ce qui décide du montant, c’est la durée, pas votre âge. Voici le calcul, à 62 ans et à 70 ans, puis les deux endroits où les textes vous donnent de l’air.

En bref

  • Aucun texte ne fixe d’âge maximum pour emprunter : l’examen porte sur vos revenus, votre épargne, vos actifs et vos charges.
  • Vos pensions, de base, complémentaire ou de réversion, entrent dans le calcul au même titre qu’un salaire, sans décote prévue par le texte.
  • Le plafond de 35 % de vos revenus s’applique à vous comme à tout le monde, assurance comprise ; la durée dépend de l’âge de fin que fixe chaque banque.
  • Ce qui décide du montant, c’est la durée : 27 % de capital en moins entre 15 et 10 ans, 3,4 % pour une assurance plus chère.
  • Si vous vendez pour racheter, votre crédit relais sort du calcul des 35 % tant que l’avance ne dépasse pas 80 % de la valeur nette du bien vendu.

Combien pouvez-vous emprunter avec votre retraite ?

Faites le calcul avec notre expert en financement : gratuit, sans engagement, en ligne.

Une banque peut-elle refuser à cause de votre âge ?

Le code de la consommation dit sur quoi un prêt s’accorde : la banque évalue votre solvabilité, à partir des informations relatives « aux revenus de l’emprunteur, à son épargne et à ses actifs » et « aux dépenses régulières de l’emprunteur, à ses dettes et autres engagements financiers ». C’est la liste que donne le texte, et l’âge n’y figure pas. Les décisions du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) sur le crédit immobilier posent deux critères : un taux d’effort, c’est-à-dire un taux d’endettement, de 35 % au plus, et 25 ans au plus. Elles ne contiennent ni le mot « âge », ni « retraite », ni « pension ».

Il n’existe pas de droit au crédit : une banque reste libre de refuser. Mais un refus ne peut pas se fonder sur votre seul âge ; il se fonde sur vos revenus et vos charges, et c’est sur eux que se prépare le dossier. Ce qui borne réellement votre prêt n’est pas une règle de droit : c’est l’âge auquel vous paierez la dernière mensualité, que chaque établissement peut fixer pour lui-même, et les bornes des contrats d’assurance. Sur nos dossiers, une fin de prêt à 75 ans passe partout ; 80 ans est la limite que nous voyons, et les bornes des garanties sont dans notre guide de l’assurance de prêt après 60 ans. Demandez la sienne à la banque au premier rendez-vous.

Que retient la banque de vos revenus de retraite ?

Le cadre définit le revenu qui sert au calcul : « le revenu net avant impôt », calculé à partir de votre revenu net global fiscal, minoré des revenus exceptionnels, ceux qui « ne sont pas susceptibles de constituer une ressource stable et récurrente ». Une pension de retraite, de base, complémentaire ou de réversion, est l’inverse : stable, versée chaque mois. Elle entre dans le calcul, sans décote prévue par le texte ; si une banque en applique une, c’est sa politique, pas une règle. Les revenus fonciers sont le seul cas où le texte prévoit une décote, sur le revenu brut avant abattements et charges, « afin de refléter le risque locatif », à un niveau que chaque banque fixe. Et le texte inclut « le cas échéant les loyers futurs tirés de la location du bien faisant l’objet du crédit » : si le bien a une surface qui permet d’en louer une partie, une chambre ou un étage indépendant, et que c’est votre projet réel, dites-le à la banque, ces loyers entrent dans le calcul, avec la décote. Trois conditions : un projet de location réel, des loyers déclarés, et la vérification que le règlement de copropriété ou le bail le permettent. Le plafond de 35 % s’applique à vous comme à tout emprunteur, assurance comprise (notre guide du taux d’endettement de 35 %).

Si vous n’êtes pas encore parti : le taux d’effort se mesure sur les revenus « appréciés à l’octroi », et le code demande au prêteur de tenir compte, « dans la mesure du possible », des événements pouvant survenir pendant le prêt ; il cite une hausse du taux, pas le départ en retraite. Que la banque calcule sur la pension à venir est une pratique à vérifier. La question à poser dès le premier échange : la banque calcule-t-elle sur votre salaire d’aujourd’hui ou sur votre pension de demain, et sur quel document ? Votre relevé de carrière et l’estimation de votre future pension y répondent d’avance.

Combien pouvez-vous emprunter ? Le calcul à 62 ans et à 70 ans

2 800 € de pension par mois, de la pension au capital

Hypothèses : pension de 2 800 € par mois, seul revenu, sans autre crédit ; mensualité de 980 € au plus (35 %, assurance comprise) ; 3,20 % fixe hors assurance, moyenne de juillet 2026 sur 15 ans, prise aussi sur 8 et 12 ans ; assurance à 0,34 % par an du capital (hypothèse du site), puis 0,65 % à 62 ans et 1,30 % à 70 ans, milieux des fourchettes de notre guide de l’assurance de prêt après 60 ans.

DossierTaux tout compris (TAEG) face au plafondCapital empruntable
62 ans · 12 ans · 0,34 %3,86 % (plafond 4,57 %)113 224 €
62 ans · 12 ans · 0,65 %4,41 % (plafond 4,57 %)109 943 €
70 ans · 8 ans · 0,34 %3,88 % (plafond 4,07 %)80 965 €
70 ans · 8 ans · 1,30 %5,65 % (plafond 4,07 %, dépasse)75 946 €

Dernière ligne, TAEG de 5,65 % : au-dessus du plafond de 4,07 %, ce dossier ne passe pas tel quel, c’est l’objet de la section suivante.

À 62 ans, avec une assurance à 0,65 % : sur 15 ans, la même pension finance 129 903 € ; sur 10 ans, 95 235 €, soit 27 % de moins. Passer de 0,34 % à 0,65 % de cotisation sur 15 ans fait passer le capital de 134 509 € à 129 903 €, soit 3,4 % de moins. Sur cet exemple, la durée pèse huit fois plus que l’assurance sur ce que vous pouvez emprunter.

Capital empruntable selon la durée du prêtCapital empruntable selon la durée2 800 € de pension, 980 € de mensualité au plusdans la barre : âge de fin, en partant à 62 ans8 ansà 70 ans79 273 €10 ansà 72 ans95 235 €12 ansà 74 ans109 943 €15 ansà 77 ans129 903 €20 ansà 82 ans157 076 €taux de juillet 2026, assurance 0,65 % par an

Lisez la figure en positif : la durée est le levier qui reste actionnable, 14 708 € de plus entre 10 et 12 ans. Le même calcul à partir d’un salaire est dans notre guide du salaire pour emprunter 300 000 €. Faites poser ce calcul avec vos chiffres.

Pourquoi le taux d’usure compte-t-il plus sur une durée courte ?

Le taux tout compris de votre prêt, le TAEG, inclut l’assurance quand la banque l’exige : le code y range « les coûts d’assurance et de garanties obligatoires ». Et ce TAEG ne peut pas dépasser un plafond, le taux d’usure, fixé chaque trimestre par durée : 4,07 % sous 10 ans, 4,57 % de 10 à moins de 20 ans, seuils en vigueur jusqu’au 30 septembre 2026 (tableau complet dans nos taux immobiliers). Plus la durée est courte, plus le plafond est bas, et plus une même cotisation pèse dans le TAEG.

Relisez le tableau : à 62 ans, les deux dossiers passent sous 4,57 %. À 70 ans sur 8 ans, le dossier passe à 0,34 % d’assurance et ne passe plus à 1,30 % : 5,65 % face à un plafond de 4,07 %, sur nos hypothèses, elle le dépasse. C’est la cotisation, pas votre âge, qui peut devenir le plafond : et elle se négocie.

Vos leviers, dans l’ordre. Allonger la durée, qui peut faire changer de plafond (10 ans au lieu de 8, c’est 4,57 % au lieu de 4,07 %). Choisir un autre assureur que la banque, et changer de contrat à tout moment, sans condition d’âge (la loi Lemoine), en comparant son prix (ce que coûte l’assurance de prêt). À deux, répartir la part assurée de chacun. Mettre une épargne en garantie, en complément d’une assurance allégée (section suivante). Et vérifier que la garantie décès couvre jusqu’à votre dernière mensualité (notre guide de l’assurance après 60 ans). La banque doit vous dire le plafond de votre prêt : « les prêteurs doivent porter à la connaissance des emprunteurs les seuils de l’usure correspondant aux prêts qu’ils leur proposent ». Si le taux tout compris approche du plafond, demandez à la banque le calcul avec et sans l’assurance : ce chiffre dit sur quel levier agir.

Votre crédit relais compte-t-il dans les 35 % ?

Vendre pour acheter plus petit passe souvent par un crédit relais, l’avance faite sur le bien que vous vendez. Depuis le 1er janvier 2024, le cadre du HCSF sort ce crédit relais du calcul du taux d’effort tant que l’avance ne dépasse pas 80 % de la valeur du bien vendu, une fois retiré le capital qu’il reste à rembourser dessus ; et le remboursement de son capital ne compte pas dans les charges du calcul. Concrètement, l’avance ne vient pas manger le plafond de 35 % qui finance votre nouveau logement. Exemple : un bien mis en vente estimé 300 000 €, avec 20 000 € restant à rembourser, vaut 280 000 € nets ; un crédit relais de 200 000 € fait une quotité de 71 %, sous la limite du texte. Le montant avancé, la durée du relais et la valeur retenue pour votre bien : demandez-les à la banque avant le compromis, ils figureront ensuite dans l’offre.

Quelles garanties pour le prêt, et lesquelles peuvent alléger l’assurance ?

Trois garanties possibles. L’hypothèque, sur le bien acheté ou sur un bien déjà payé ; pour un bien existant, la garantie prise sur le bien au moment de la vente s’appelle depuis le 1er janvier 2022 une hypothèque légale spéciale, le nom qui a remplacé le privilège de prêteur de deniers. Le nantissement, une épargne mise en garantie, contrat d’assurance vie compris. Le cautionnement, quand un organisme ou une personne se porte garant (les mots du prêt sont dans notre vocabulaire du prêt immobilier). Une banque peut accepter une de ces garanties en complément d’une assurance allégée : c’est un accord au cas par cas, pas un droit. Si vous proposez une épargne en garantie, demandez par écrit quelle part de l’assurance elle remplace et à quelle hauteur elle doit rester immobilisée. La contrepartie est réelle : une épargne nantie est indisponible pendant la durée du prêt.

Ce qui fait pencher la banque : ce que nous relevons sur nos dossiers

Le texte dit que la banque regarde vos revenus, votre épargne et vos actifs ; voici ce qui pèse le plus, sur nos dossiers. Présentez tout votre patrimoine, l’épargne déjà constituée en premier, assurance vie et plan d’épargne retraite compris : la banque s’y intéresse, et transférer ces contrats chez elle est une contrepartie qui se négocie. Un ratio hypothécaire favorable, c’est-à-dire un prêt faible par rapport à la valeur du bien, pèse vraiment. Un apport d’au moins 20 %, c’est bien. Faites jouer la relation de vos enfants : une banque qui vous accueille sans compte chez elle s’intéresse aussi à leurs besoins de financement, et cela se dit au premier rendez-vous.

Autre montage, quand le projet est aussi de transmettre : acheter en démembrement, vous en usufruit (vous habitez le bien ou en percevez les loyers), vos enfants en nue-propriété. À votre décès, l’usufruit s’éteint et ils deviennent pleins propriétaires, sans impôt sur cette réunion. La valeur de chaque part se calcule chez le notaire ; nous montons l’opération avec lui : parlez-nous de votre projet.

Le prêt viager hypothécaire : comment ça marche ?

Le code de la consommation le définit : un prêt consenti à une personne physique, « sous forme d’un capital ou de versements périodiques », garanti par une hypothèque sur un bien « à usage exclusif d’habitation », dont le remboursement ne peut être exigé qu’au décès de l’emprunteur « ou lors de l’aliénation ou du démembrement de la propriété », c’est-à-dire si vous vendez le bien ou en donnez la nue-propriété. Dans la formule de base, sans remboursement périodique des intérêts, ceux-ci se capitalisent chaque année : à 5 % par an, la dette double en 14 ans. La protection : elle de l’emprunteur ou de ses ayants droit « ne peut jamais excéder la valeur de l’immeuble appréciée lors de l’échéance du terme » ; si elle est inférieure, la différence revient à l’emprunteur ou à ses héritiers, qui peuvent aussi la régler et garder le bien.

Vos questions

Faut-il un apport plus important à la retraite ?

Ni la loi ni le HCSF ne fixent d’apport minimum (notre guide de l’apport personnel). Sur nos dossiers, un apport d’au moins 20 % fait la différence ; si vous vendez pour racheter, le produit de la vente joue ce rôle : dites-le d’entrée, avec l’estimation de votre bien.

Nous empruntons à deux avec un écart d’âge : comment ça se calcule ?

Vos deux revenus s’additionnent, et le plafond de 35 % se calcule sur le total. La part assurée de chacun se choisit : demandez comment la répartition joue sur la cotisation, et si la durée proposée se cale sur l’âge du plus âgé. Les effets de cette répartition sont dans notre guide de la quotité d’assurance emprunteur.

Que devient le prêt si je décède avant la fin ?

Avec une assurance, l’assureur rembourse la banque à hauteur de la part assurée : le bien reste à vos héritiers et les mensualités s’arrêtent (notre guide de la garantie décès). Sans assurance, la dette entre dans la succession, et vos héritiers choisissent : solder la dette ou vendre le bien.

Puis-je moduler ou suspendre mes échéances si ma pension baisse ?

Selon votre contrat : suspendre les échéances quelques mois (la suspension de crédit immobilier), ou moduler la mensualité en cours de prêt (la mensualité d’un prêt de 200 000 €).

Ce qu’on fait pour vous

Nous posons le calcul avec vos chiffres, taux tout compris face au plafond de chaque durée, puis nous mettons 14 banques en concurrence sur votre dossier, en étude sous 24 h ; la réponse leur appartient. Notre simulation d’assurance emprunteur compare 120 assurances. Réservez un échange avec notre expert en financement : rendez-vous sous 24 h, gratuit, sans engagement, en ligne.


Mis à jour le 18 septembre 2026. Article d’information générale, ne constituant pas un conseil personnalisé ; textes cités dans leur version en vigueur à cette date. Hypothèses de l’exemple : pension de 2 800 € par mois, 3,20 % sur 8, 10, 12 et 15 ans et 3,30 % sur 20 ans (barèmes de juillet 2026, la moyenne de 15 ans servant aux durées plus courtes faute de moyenne publiée), assurance à 0,34 %, 0,65 % ou 1,30 % par an du capital emprunté ; TAEG calculés selon la méthode actuarielle du code (article R314-3) ; sur ces hypothèses, un point de cotisation ajoute environ 1,86 point de TAEG sur 8 ans. Seuils de l’usure du troisième trimestre 2026.

Sources

Les règles de droit citées dans cet article viennent des textes officiels listés ci-dessous, que vous pouvez ouvrir pour vérifier chaque information par vous-même. Les calculs sont les nôtres, à partir des hypothèses écrites dans l’encadré.

Ces règles et ces chiffres évoluent : toutes les sources ci-dessus ont été relues le 18 septembre 2026, les articles des codes dans leur version en vigueur à cette date. Les constats de pratique (âge de fin de prêt à 75 ou 80 ans, apport de 20 %, épargne transférée, relation des enfants) viennent de nos dossiers, relevés en septembre 2026 : ce ne sont pas des règles. Les seuils de l’usure changent chaque trimestre ; ceux cités sont applicables jusqu’au 30 septembre 2026, et les TAEG du tableau sont calculés par nous sur les hypothèses de l’encadré. Les taux de 3,20 %, 3,30 % et 3,43 % et l’assurance à 0,34 % par an sont les hypothèses de nos pages sur les taux immobiliers et sur la capacité d’emprunt ; les cotisations de 0,65 % et 1,30 % sont les milieux des fourchettes de contrat individuel relevées dans notre guide de l’assurance de prêt après 60 ans, pas des barèmes.