Ce que la banque regarde chez un emprunteur de 25 ou 30 ans n’est pas son âge : aucun texte du crédit immobilier n’en fait un critère. Elle regarde vos revenus du jour, votre apport (la somme que vous mettez de votre poche en plus du prêt) et vos garanties. Cette page est courte : elle traite les quatre points qu’aucun autre guide du site ne détaille, votre place dans la marge de dérogation, le don que vos parents peuvent vous faire sans droits à payer, ce qu’ils signent s’ils se portent caution, et un prêt du secteur agricole dont le montant dépend de votre âge. Pour le reste, elle renvoie au guide qui traite le sujet.
En bref
- Aucun âge minimum, aucune catégorie « jeune » dans les textes : ils parlent de taux d’effort (la part de vos revenus absorbée par vos remboursements) et de primo-accédant.
- Ce sont vos revenus du jour qui comptent, « appréciés à l’octroi » dit le texte : votre carrière à venir n’entre pas dans le calcul.
- La marge de dérogation réserve au moins 30 % de sa capacité aux primo-accédants, définis par une règle de deux ans sans propriété : utilisée à 16,6 % en 2025, pour un plafond de 20 %.
- Un don de vos parents a deux étages sans droits à payer, 100 000 € puis 31 865 € par parent et par enfant, et un troisième jusqu’à fin 2026.
- Leur caution est un engagement qu’ils écrivent eux-mêmes, plafonné, avec une mise en garde du prêteur et une information annuelle.
Votre dossier, aujourd’hui, jusqu’où va-t-il ?
Cela dépend de vos revenus, de la règle des deux ans, de votre apport et de vos garanties. Faites calculer votre capacité d’emprunt avec notre expert en financement : il vous dit ce qui tient et ce qui manque. Gratuit et sans engagement.
Que regarde la banque, si ce n’est pas votre âge ?
Le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) fixe les deux conditions d’octroi que les banques doivent respecter : un taux d’effort qui « n’excède pas 35 % » et une durée totale du prêt, que le texte appelle maturité, qui « n’excède pas 25 ans ». Sa décision du 29 septembre 2021, modifiée le 29 juin 2023 puis le 18 décembre 2023, ne contient ni le mot « jeune » ni aucune notion d’âge. Le calcul des 35 % est dans notre guide du taux d’endettement.
La seule catégorie de personnes qu’elle nomme est le primo-accédant, et l’âge n’y figure pas non plus : par renvoi à l’article L31-10-3 du code de la construction et de l’habitation, c’est celui qui n’a pas été propriétaire de sa résidence principale depuis deux ans, avec des dispenses (handicap ou invalidité reconnus, logement rendu inhabitable). Notre guide du primo-accédant la déroule ; c’est elle, et non votre âge, qui situe votre dossier.
Vos revenus d’aujourd’hui comptent-ils plus que ceux de demain ?
Dans le calcul, oui, et c’est écrit. L’article 4 définit le taux d’effort comme un ratio qui « s’apprécie en prenant les charges annuelles d’emprunt maximales sur l’ensemble de la période d’amortissement des crédits ramenées aux revenus annuels appréciés à l’octroi ». Deux mots comptent. « Maximales » : la banque retient la mensualité la plus haute que vous aurez à payer, tous crédits confondus. « À l’octroi » : elle la rapporte à vos revenus du jour où le prêt est accordé, pas à ceux que votre carrière promet.
Le texte fixe une limite arithmétique, pas la lecture qu’une banque fait d’un début de carrière : notre guide du prêt immobilier sans apport décrit le profil du jeune actif dont la trajectoire pèse dans cette appréciation. Un revenu régulier compte dans le calcul, un revenu prometteur dans la lecture.
Quelle place votre dossier a-t-il dans la marge de dérogation ?
Les banques peuvent déroger aux deux critères « pour une marge de flexibilité pouvant aller jusqu’à 20 % de la production de nouveaux crédits immobiliers de chaque trimestre civil » (article 2). Son partage, depuis le 1er juillet 2023, est écrit ainsi :
« Au moins 70 % de la flexibilité maximale disposée par la décision D-HCSF-2021-7 sera réservée aux acquéreurs de leur résidence principale avec au moins 30 % de la flexibilité maximale réservée aux primo-accédants. Les 30 % restants de flexibilité maximale, soit 6 % de la production trimestrielle, sont libres d’utilisation. »
Ces parts se comptent sur la marge, jamais sur l’ensemble des crédits accordés. Ramenée à la production d’un trimestre, elle se décompose en 14 % pour les acquéreurs de leur résidence principale, dont 6 % réservés aux primo-accédants, et 6 % libres, ouverts à n’importe quel dossier. Si vous achetez votre résidence principale sans avoir été propriétaire depuis deux ans, vous visez la marge entière, dont ces 6 % qu’aucun investisseur ne peut prendre ; sinon, vous y restez éligible sans priorité écrite.
L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), qui surveille les banques, en publie le taux d’utilisation. Nous relevons pour 2025 que « la part des prêts qui dépassent les seuils de référence fixés par la décision du HCSF s’élevait à 16,6 % sur l’année 2025 (+ 1 pp par rapport à 2024) ». Elle suit les deux réserves par leur complément : la part dérogatoire non primo-accédante plafonne à 14 % et en a occupé 11,2 %, celle hors résidence principale plafonne à 6 % et en a occupé 3,2 %. Ce sont des moyennes annuelles hors rachats et renégociations, quand les plafonds sont trimestriels.
Et pour la durée, l’apport, les prêts aidés ?
Chacun a son guide, et cette page ne les redit pas. La durée plafonne à 25 ans quel que soit l’âge, et les 27 ans que vous pouvez rencontrer sont une durée totale, différé compris ; un différé se paie en intérêts et n’allège pas votre taux d’effort, quand le lissage d’un prêt aidé allège vraiment la charge retenue, et notre guide des aides au crédit immobilier chiffre les deux. Le prêt à taux zéro a son guide complet, l’apport à viser son guide de l’apport personnel. Reste ce qu’aucun ne chiffre : ce que votre famille peut vous donner, et ce qu’elle signe si elle se porte caution.
Que peuvent vous donner vos parents sans droits à payer ?
À 25 ans, l’apport vient rarement de dix années d’épargne : il peut venir d’un prêt aidé, d’un financement sans apport ou d’un don familial. Ce dernier est le seul que le droit chiffre, sur deux étages. Ce sont des plafonds d’exonération, pas un conseil de montage : une donation se formalise chez un notaire.
Premier étage : 100 000 € par parent et par enfant. Pour le calcul des droits dus sur une donation, l’article 779 du code général des impôts prévoit « un abattement de 100 000 € sur la part de chacun des ascendants et sur la part de chacun des enfants […] ». Un abattement est une part exonérée, qui ne supporte aucun droit. Chaque parent peut donc donner 100 000 € à chaque enfant, en une ou plusieurs fois, et le compteur repart tous les quinze ans : l’article 784 écarte du rappel des donations antérieures « celles passées depuis plus de quinze ans ».
Deuxième étage : le don familial de somme d’argent. L’article 790 G exonère en plus les dons d’argent « dans la limite de 31 865 € tous les quinze ans », à deux conditions d’âge : celui qui donne doit être « âgé de moins de quatre-vingts ans au jour de la transmission », et celui qui reçoit « âgé de dix-huit ans révolus » ou émancipé. C’est le seul endroit du droit fiscal où votre âge compte, et il joue pour vous dès la majorité. Cette exonération se cumule avec la précédente : 131 865 € par parent et par enfant, soit 263 730 € pour deux parents.
Un troisième étage, temporaire, s’y ajoute pour les sommes versées jusqu’au 31 décembre 2026 : c’est l’article 790 A bis, dont les plafonds et les conditions d’affectation sont dans notre guide de l’apport personnel, avec ce que la banque demande sur l’origine des fonds. Elle demande ensuite une garantie ; quand elle vient de la famille, c’est un cautionnement.
Que signent vos parents quand ils se portent caution ?
Un contrat que le code civil décrit mot pour mot : « Le cautionnement est le contrat par lequel une caution s’oblige envers le créancier à payer la dette du débiteur en cas de défaillance de celui-ci » (article 2288). Le créancier est la banque, le débiteur est vous.
Le cautionnement « est simple ou solidaire » (article 2290). Solidaire, il fait renoncer la caution au bénéfice de discussion et au bénéfice de division : elle ne peut plus exiger que la banque poursuive d’abord l’emprunteur, ni qu’elle répartisse ses poursuites entre plusieurs cautions. Cette renonciation doit figurer dans la mention, faute de quoi elle « conserve le droit de se prévaloir de ces bénéfices » (article 2297).
La mention qu’ils apposent eux-mêmes. « A peine de nullité de son engagement », la caution personne physique « appose elle-même la mention qu’elle s’engage en qualité de caution à payer au créancier ce que lui doit le débiteur en cas de défaillance de celui-ci, dans la limite d’un montant en principal et accessoires exprimé en toutes lettres et en chiffres » ; et « en cas de différence, le cautionnement vaut pour la somme écrite en toutes lettres » (article 2297). L’engagement est donc plafonné, et écrit par celui qui le prend.
La mise en garde, puis la réduction. Le prêteur « est tenu de mettre en garde la caution personne physique lorsque l’engagement du débiteur principal est inadapté aux capacités financières de ce dernier », faute de quoi il « est déchu de son droit contre la caution à hauteur du préjudice subi par celle-ci » (article 2299). Et un cautionnement « manifestement disproportionné aux revenus et au patrimoine de la caution » lors de sa conclusion est « réduit au montant à hauteur duquel elle pouvait s’engager à cette date » (article 2300) : la loi le ramène à ce que vos parents pouvaient porter.
L’information, chaque année et à chaque incident. La banque doit, « avant le 31 mars de chaque année et à ses frais », faire connaître à la caution ce qui reste dû au 31 décembre précédent (article 2302), et l’informer « dès le premier incident de paiement non régularisé dans le mois de l’exigibilité de ce paiement » (article 2303). Sinon elle perd les intérêts et pénalités de la période. Vos parents savent donc chaque année où en est le prêt, et un incident leur parvient dans le mois.
Un prêt dont le montant dépend de votre âge : pour qui ?
Pour les salariés du secteur agricole, et pour eux seuls. Le prêt AGRI-ACCESSION d’Action Logement est le seul dispositif ouvert dont le montant dépend littéralement de votre âge. Il est réservé aux salariés, ou retraités depuis moins de 5 ans, d’une entreprise agricole de 50 salariés et plus versant la participation des employeurs agricoles à l’effort de construction (PEAEC). Sa fiche officielle indique, sous les plafonds de ressources du prêt locatif social (un barème public de revenus, à vérifier auprès d’Action Logement), un « montant maximum 25 000 € » pour les « moins de 30 ans » et un « montant maximum 20 000 € » à « 30 ans et plus », dans les deux cas « dans la limite de 40 % du coût total de l’opération » ; au-dessus de ces plafonds, 15 000 €. Avant 30 ans, ce prêt vaut donc 5 000 € de plus. Il vient en complément : « le prêt ne peut être accordé sans prêt bancaire principal ». Sa fiche retient enfin la définition du primo-accédant à deux ans, celle du HCSF.
Vos questions
Un dossier légèrement au-dessus de 35 % : la dérogation se demande-t-elle ?
Le texte ne prévoit aucune demande de l’emprunteur : la dérogation est une décision du prêteur, qui « devra pouvoir être justifiée dans le cadre d’une politique écrite ». Ce qui est entre vos mains, c’est le dossier qui la rend possible : une résidence principale, la règle des deux ans si c’est votre cas, des revenus justifiés et un reste à vivre lisible.
L’assurance de prêt coûte-t-elle moins cher à 25 ans qu’à 45 ans ?
Le tarif d’une assurance de prêt dépend de plusieurs critères, dont l’âge à la souscription. Notre guide du coût de l’assurance de prêt explique comment il se calcule et se compare.
Mes parents peuvent-ils emprunter à ma place ?
Deux rôles existent, qui n’engagent pas la même chose. Le co-emprunteur signe le prêt avec vous : il est tenu aux mêmes remboursements, et le taux d’effort compte ses revenus et ses charges comme les vôtres. La caution ne signe pas le prêt : elle s’engage à payer à votre place, dans la limite du montant qu’elle a elle-même écrit.
Ce qu’on fait pour vous
Nous reprenons votre dossier point par point : vos revenus du jour, la règle des deux ans, la place qu’il peut prendre dans la marge de dérogation, l’apport dont vous disposez, don familial compris s’il est déjà formalisé, et la garantie la plus adaptée. Puis nous le présentons aux 14 banques avec lesquelles nous travaillons, dans l’ordre utile à votre profil. L’étude est gratuite et sans engagement : réservez un échange avec notre expert en financement, vous en sortez avec une capacité chiffrée et la liste de ce qu’il faut réunir. Notre simulateur donne une première mensualité.
Mis à jour le 21 septembre 2026. Article d’information générale, ne constituant ni un conseil personnalisé, ni un conseil fiscal ou patrimonial ; aucune banque n’y est désignée et aucun accord de prêt n’est promis. Les règles citées sont celles en vigueur au 9 septembre 2026 ; seuls les textes officiels font foi. Les plafonds de donation sont des plafonds d’exonération, pas une recommandation : toute donation se formalise avec un notaire. Les conditions des prêts d’Action Logement relèvent de fiches produit qui peuvent changer sans préavis, et le dispositif de l’article 790 A bis s’applique aux sommes versées jusqu’au 31 décembre 2026. La lecture qu’une banque fait d’un revenu récent ou d’un contrat non permanent relève de sa politique interne.
Sources
Les règles et les chiffres de cet article viennent des textes officiels listés ci-dessous, que vous pouvez ouvrir pour vérifier chaque information par vous-même.
- Décision du Haut Conseil de stabilité financière du 29 septembre 2021, article 1er (Légifrance) : le taux d’effort de 35 % et la maturité de 25 ans, et le différé toléré dans la limite d’une maturité de 27 ans.
- Même décision, article 2 (Légifrance) : la marge de flexibilité de 20 % de la production trimestrielle et la politique écrite du prêteur.
- Même décision, article 4 (Légifrance) : les définitions du taux d’effort (charges maximales de la période d’amortissement, revenus appréciés à l’octroi), de la maturité et du primo-accédant par renvoi à l’article L31-10-3.
- Décision du Haut Conseil de stabilité financière du 29 juin 2023 (Légifrance) : la répartition de la marge de flexibilité en vigueur depuis le 1er juillet 2023, au moins 70 % pour la résidence principale dont au moins 30 % pour les primo-accédants, et 6 % de la production trimestrielle libres.
- Décision du Haut Conseil de stabilité financière du 18 décembre 2023 (Légifrance) : la dernière modification de la décision de 2021, applicable aux crédits dont le premier versement des fonds intervient à compter du 1er janvier 2024.
- Article L31-10-3 du code de la construction et de l’habitation (Légifrance) : la condition de première propriété, deux ans sans avoir été propriétaire de sa résidence principale avant l’émission de l’offre, et les situations où elle n’est pas exigée.
- Article 779 du code général des impôts (Légifrance) : l’abattement de 100 000 € sur la part de chacun des ascendants et de chacun des enfants.
- Article 784 du code général des impôts (Légifrance) : le rappel des donations antérieures, à l’exception de celles passées depuis plus de quinze ans.
- Article 790 G du code général des impôts (Légifrance) : le don familial de somme d’argent exonéré dans la limite de 31 865 € tous les quinze ans, donateur de moins de quatre-vingts ans, donataire majeur ou émancipé, et son cumul avec l’abattement de l’article 779.
- Article 790 A bis du code général des impôts (Légifrance) : le dispositif temporaire d’exonération et son application aux sommes versées jusqu’au 31 décembre 2026.
- Que puis-je donner à mes enfants, petits-enfants sans avoir à payer de droits ? (impots.gouv.fr) : la formulation officielle des 100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans, en une fois ou en plusieurs dons.
- Articles 2288 et 2290 du code civil (Légifrance) : la définition du cautionnement et son caractère simple ou solidaire.
- Article 2300 du code civil (Légifrance) : la réduction du cautionnement manifestement disproportionné aux revenus et au patrimoine de la caution.
- Article 2297 du code civil (Légifrance) : la mention apposée par la caution elle-même, à peine de nullité, avec le montant en toutes lettres et en chiffres, et la renonciation aux bénéfices de discussion et de division.
- Article 2299 du code civil (Légifrance) : le devoir de mise en garde du créancier professionnel envers la caution personne physique.
- Articles 2302 et 2303 du code civil (Légifrance) : l’information annuelle de la caution avant le 31 mars et l’information dès le premier incident de paiement non régularisé dans le mois.
- Prêt AGRI-ACCESSION (Action Logement) : 25 000 € avant 30 ans et 20 000 € à partir de 30 ans sous les plafonds du prêt locatif social, 15 000 € au-dessus, 40 % du coût de l’opération, prêt bancaire principal obligatoire, entreprise agricole de 50 salariés et plus, et la définition du primo-accédant à deux ans.
- ACPR, Le financement de l’habitat en 2025, Analyses et synthèses n° 183 (juillet 2026) : 16,6 % de la production 2025 au-delà des seuils pour une marge pouvant aller jusqu’à 20 %, et les sous-plafonds de 14 % et 6 % consommés à 11,2 % et 3,2 %.
Ces règles et ces chiffres évoluent : toutes les sources ci-dessus ont été relues le 9 septembre 2026, les décisions du Haut Conseil de stabilité financière et les articles de code dans leur version en vigueur à cette date, les fiches Action Logement dans leur version en ligne ce jour-là. Le dispositif de l’article 790 A bis a une échéance certaine, le 31 décembre 2026, et sera relu avant cette date.