Paie-t-on moins d’impôt avec une assurance vie luxembourgeoise ? Non : pour un résident français, c’est le même impôt qu’avec un contrat français, avec les mêmes taux et le même abattement. Et cet impôt ne porte que sur une partie de ce que vous retirez : le gain contenu dans votre retrait. Cette page vous le montre en images, avant et après huit ans.
L’essentiel en 30 secondes
- Même impôt qu’un contrat français, mêmes taux, même abattement. Le Luxembourg, lui, ne taxe ni vos versements ni vos retraits.
- Seul le gain contenu dans votre retrait est imposé : la part de vos versements vous revient sans impôt. Pour le vôtre, faites le calcul avec vos chiffres.
- Après huit ans, l’impôt baisse : 7,5 % au lieu de 12,8 %, après un abattement annuel.
- Les prélèvements sociaux restent à 17,2 % en 2026 pour l’assurance vie, quand d’autres placements passent à 18,6 %.
- Le contrat se signale chaque année avec vos revenus, même sans retrait.
- Cette page décrit les versements faits depuis le 27 septembre 2017 ; pour les plus anciens, les règles diffèrent et se regardent contrat en main.
Savoir ce que votre assureur déclare et paie à votre place ?
Réservez une visio avec notre expert en assurance et patrimoine. Gratuit, sans engagement.
Le Luxembourg taxe-t-il votre contrat ?
Non. La convention fiscale entre les deux pays réserve l’imposition de ce type de revenu au pays où vous résidez : la France. Aucune taxe luxembourgeoise non plus sur vos versements, d’après les textes publiés au Journal officiel du Luxembourg.
Le contrat est donc imposé en France, exactement comme un contrat français. Ce qu’il change se joue ailleurs que dans l’impôt : voir les avantages de l’assurance vie luxembourgeoise.
Combien d’impôt sur un retrait ?
Tant que vous ne retirez rien, le gain de votre contrat n’est pas imposé. L’impôt arrive avec un retrait, que les assureurs appellent rachat, et il ne porte pas sur toute la somme retirée.
Un retrait emporte toujours un peu de vos versements et un peu de gain, dans la même proportion que le contrat entier. On ne choisit pas de retirer « d’abord ses versements ». Si le gain, ou plus-value, représente un cinquième de votre contrat, il représente un cinquième de votre retrait. C’est ce gain contenu dans le retrait, et lui seul, qui est imposé.
Dans cet exemple, le contrat vaut 125 000 € pour 100 000 € versés. Sur un retrait de 50 000 €, 40 000 € sont vos propres versements et vous reviennent sans impôt ; les 10 000 € de gain sont la seule part imposée. Sur cette part :
- contrat de moins de huit ans : 12,8 % d’impôt ;
- contrat de huit ans et plus : 7,5 %, après un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple marié ou pacsé ;
- dans les deux cas : 17,2 % de prélèvements sociaux en 2026, sur tout le gain, sans abattement.
L’abattement est unique : il couvre tous vos contrats, français et luxembourgeois réunis, comme l’explique notre comparatif assurance vie française ou luxembourgeoise. La part non utilisée une année est perdue. Et si ce que vous avez versé et pas encore retiré, tous contrats confondus, dépasse 150 000 €, une partie du gain est imposée à 12,8 % au lieu de 7,5 %. Vos contrats de capitalisation entrent dans ce même calcul : leurs retraits sont imposés comme ceux d’une assurance vie, ce que détaille notre article contrat de capitalisation et fiscalité.
Rappel : sur les unités de compte, dont la valeur suit les marchés, vous pouvez perdre une partie de votre capital. Cette page ne traite pas le fonds en euros, dont les prélèvements sociaux suivent un autre calendrier.
Simulateur : combien d’impôt sur votre retrait ?
Le simulateur ci-dessous refait ce calcul avec vos chiffres. Il s’ouvre sur l’exemple de cette page : un contrat de 125 000 € dont 25 000 € de gain, et un retrait de 50 000 €.
Votre contrat
Les cases sont remplies avec l’exemple de cette page. Remplacez ces chiffres par les vôtres.
Soit 100 000 € de versements : le gain représente 20 % du contrat.
Affiner : autres contrats, autres retraits de l’année
Au-delà de 150 000 €, une partie du gain passe de 7,5 % à 12,8 %. Ce seuil se compte par personne, au 31 décembre dernier : les contrats de votre conjoint restent en dehors, et un contrat souscrit à deux compte pour moitié. Case vide : le calcul compte les versements de ce contrat.
L’abattement est unique : il couvre tous vos contrats de plus de huit ans.
Il vous reste
47 875 €
sur 50 000 € retirés : 2 125 € d’impôt et de prélèvements sociaux, soit 4,3 % du retrait.
- Vos versements, rendus sans impôt40 000 €
- Gain qui vous restesur 10 000 € de gain contenu dans le retrait7 875 €
- Prélèvements sociaux17,2 % du gain1 720 €
- Impôt sur le revenuaprès 4 600 € d’abattement, à 7,5 %405 €
Avant huit ans votre cas
3 000 €
impôt et prélèvements sociaux sur ce retrait
Après huit ans votre cas
2 125 €
impôt et prélèvements sociaux sur ce retrait
Retrait sans impôt sur le revenu
Avec 4 600 € d’abattement disponible, vous pouvez retirer jusqu’à 23 000 € cette année sans impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux restent dus : 791 €.
Ce que le simulateur suppose
- Vous êtes résident fiscal français. Vos versements ont été faits depuis le 27 septembre 2017. Le contrat est en unités de compte : le fonds en euros suit un autre calendrier pour les prélèvements sociaux.
- Impôt à taux fixe : 12,8 % avant huit ans ; 7,5 % après huit ans, après un abattement annuel de 4 600 € (personne seule) ou 9 200 € (couple marié ou pacsé). Au-delà de 150 000 € versés et pas encore retirés, par personne et tous contrats réunis, une part du gain est imposée à 12,8 %. L’option pour le barème de l’impôt sur le revenu n’est pas simulée.
- Prélèvements sociaux : 17,2 % en 2026, sur tout le gain, sans abattement.
- Un retrait emporte versements et gain dans la même proportion que le contrat entier : gain imposé = retrait × gain du contrat ÷ valeur du contrat.
- Avec un assureur luxembourgeois, rien n’est prélevé d’office : sauf mandat qu’il accepte, vous déclarez et payez vous-même.
- Ce calcul est une illustration : ce n’est ni un conseil fiscal ni une recommandation. Un contrat en unités de compte expose à un risque de perte en capital.
Avant ou après huit ans : qu’est-ce que ça change ?
Reprenons le même retrait de 50 000 €, avec ses 10 000 € de gain. Une personne seule, un contrat en unités de compte, des versements faits depuis le 27 septembre 2017, moins de 150 000 € versés au total, et aucun autre gain de contrat de plus de huit ans cette année-là.
- Avant huit ans : 1 280 € d’impôt et 1 720 € de prélèvements sociaux, soit 3 000 €. Il vous reste 47 000 € sur les 50 000 € retirés.
- Après huit ans : l’abattement de 4 600 € réduit la part imposée à 5 400 €. L’impôt tombe à 405 €, les prélèvements sociaux restent à 1 720 €, soit 2 125 €. Il vous reste 47 875 €.
Ces chiffres valent pour un contrat français comme pour un contrat luxembourgeois, en unités de compte. Les montants dépendent de votre contrat, de sa date et de vos autres contrats : ce calcul est une illustration, pas une simulation de votre situation.
Que déclarer chaque année, et avec quels chiffres ?
Une case à cocher et un imprimé par contrat, chaque année, même sans retrait et quel que soit le montant (voir l’assurance vie luxembourgeoise avec 50 000 €). Vous y indiquez l’assureur, le contrat, vos versements et retraits de l’année précédente, celle des revenus déclarés, et la valeur du contrat au 1er janvier de l’année de la déclaration.
Une différence pratique avec un contrat français : l’assureur luxembourgeois ne prélève rien d’office. Sauf mandat qu’il accepte, c’est vous qui déclarez et payez l’impôt et les prélèvements sociaux sur vos retraits, avec votre conseil.
Avec un assureur étranger, vérifiez chaque case : c’est à vous de les remplir si elles sont vides. Quatre chiffres se demandent à l’assureur, avant de déclarer plutôt que pendant :
- la part de gain de chaque retrait ;
- le total de vos versements de l’année ;
- la valeur du contrat au 1er janvier ;
- la part immobilière du contrat, s’il en a une : elle seule compte pour l’impôt sur la fortune immobilière.
Point de vigilance : un contrat non signalé expose à une amende de 1 500 € par contrat et par année, remplacée par une majoration de 80 % si de l’impôt a été éludé. Ses versements sont alors présumés imposables, sauf preuve contraire.
Vos questions
Et au décès, qu’est-ce qui change ?
Les règles sont celles d’un contrat français, et le conjoint ou le partenaire de Pacs est exonéré. Pour les versements faits avant 70 ans, chaque autre bénéficiaire a un abattement de 152 500 €, puis paie 20 %, et 31,25 % au-delà de 700 000 €. Les versements faits après 70 ans supportent les droits de succession, après un abattement de 30 500 € partagé entre les bénéficiaires ; les gains restent en dehors. Pour un contrat ancien, voyez votre notaire.
Mes versements datent d’avant septembre 2017, est-ce pareil ?
Pas tout à fait. Pour les gains de ces versements, vous avez le choix entre un impôt à taux fixe et le barème de l’impôt sur le revenu. Ce choix se fait au moment du retrait, contrat en main.
Et si je quitte la France ?
Tout ce qui précède tient à votre résidence en France. Un départ rouvre la question, comme le dit notre comparatif : le point s’examine avant de partir.
Ce qu’on fait pour vous
Chacun son rôle. Votre conseil fiscal, ou vous-même, pour la déclaration de revenus et l’impôt. Et nous, pour le contrat : ce qu’il prévoit, la part de gain qu’il contient aujourd’hui, ce que l’assureur accepte de déclarer et payer à votre place, et les chiffres à lui demander.
Pour le traitement fiscal de votre situation personnelle, votre conseil habituel ou votre notaire reste l’interlocuteur ; ce que nous regardons avec vous, c’est le contrat et ce qu’il vous demande. Réservez une visio avec notre expert en assurance et patrimoine, gratuite et sans engagement.
Mis à jour le 24 septembre 2026. Article d’information générale, qui ne constitue ni un conseil fiscal, ni un conseil personnalisé, ni une recommandation. Un contrat en unités de compte expose à un risque de perte en capital. Taux et seuils en vigueur au 17 septembre 2026 ; seuls les textes officiels font foi.
Sources
Les règles citées dans cet article viennent des textes officiels listés ci-dessous, que vous pouvez ouvrir pour vérifier chaque information par vous-même.
- Article 125-0 A, article 122 et article 200 A du code général des impôts (Légifrance) : le gain imposable d’un retrait, les taux de 12,8 % et 7,5 %, l’abattement de 4 600 € et 9 200 € commun à tous les contrats, y compris européens, et le seuil de 150 000 € de versements.
- Bulletin officiel des finances publiques, produits des contrats d’assurance vie : le calcul de la part de gain d’un retrait partiel, l’abattement accordé une fois par an et non reportable, et les contrats souscrits hors de France.
- Article 125 D du code général des impôts (Légifrance) : quand l’assureur est établi hors de France, c’est l’épargnant qui déclare et paie, ou l’assureur européen qu’il a mandaté.
- Article L136-8 du code de la sécurité sociale (Légifrance) et article 12 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 : la contribution sociale généralisée relevée sur les placements, et maintenue pour l’assurance vie, d’où 17,2 % et 18,6 %.
- Article 1649 AA du code général des impôts (Légifrance), imprimé de déclaration d’un contrat souscrit hors de France, millésime 2026 (impots.gouv.fr) et Bulletin officiel, sanctions : le contrat à signaler chaque année, ce qu’il faut y indiquer, l’amende par contrat et par année, la majoration de 80 %, et les versements présumés imposables.
- « Je suis bénéficiaire d’une assurance-vie » (impots.gouv.fr), article 990 I, article 757 B et article 972 du code général des impôts (Légifrance) : la transmission au décès, et la part immobilière du contrat dans l’impôt sur la fortune immobilière.
- Convention fiscale entre la France et le Luxembourg (impots.gouv.fr) : ces revenus ne sont imposables que dans le pays de résidence.
- Loi luxembourgeoise du 8 décembre 1994 et loi du 6 décembre 1990 (Journal officiel du Luxembourg) : l’impôt luxembourgeois sur les assurances vise les contrats dont le souscripteur réside au Luxembourg, et il exonère l’assurance vie.
Ces règles évoluent : les textes ont été lus le 17 septembre 2026, dans leur version en vigueur. Les taux et les seuils sont à revérifier à chaque loi de finances et à chaque loi de financement de la sécurité sociale.